Ce site ne recommande aucun produit : le choix se fait avec un pharmacien ou un médecin. Pour une crise en cours, voyez aussi les gestes qui soulagent.
Ce qu’on trouve en pharmacie, et à quoi ça sert
| Famille | Ce que ça fait | Ses limites | Ordonnance, remboursement |
|---|---|---|---|
| Crèmes et suppositoires | Décongestionnent, lubrifient, calment l’inflammation, font pansement contre les selles 1 | N’évitent pas les crises 3 | Sans ordonnance, sauf s’ils contiennent un corticoïde ; non remboursés 1 |
| Veinotoniques par la bouche | Moins de saignements, amélioration d’ensemble 4 | Pas d’effet démontré sur la douleur 4 | Non remboursés 1 |
| Antalgiques (paracétamol, anti-inflammatoires) | Soulagent la douleur, en particulier celle de la thrombose 1 | Un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) : 5 jours au plus sans ordonnance 2 | Ordonnance pour les antalgiques de niveau II et III 2 |
| Laxatifs (de lest, osmotiques, lubrifiants) | Luttent contre la constipation, qui aggrave la maladie 1 | — | — |
Crèmes et suppositoires : plusieurs molécules, des preuves discutées
Les crèmes et les suppositoires associent en général plusieurs molécules : souvent un anti-inflammatoire, parfois un corticoïde, un anesthésique local, des flavonoïdes 3. La lidocaïne, l’anesthésique local que certains contiennent, diminue la douleur sur place 1.
Pour la Société nationale française de colo-proctologie (SNFCP), aucune étude n’a comparé ces produits entre eux 3. Une crème présentée comme « la plus efficace » l’est donc sans preuve.
Les sources divergent sur leur efficacité. Pour la SNFCP, des données scientifiques valident les médicaments de la crise, crèmes et suppositoires compris 5. Pour la société américaine de gastro-entérologie (AGA), en 2026, les traitements locaux peuvent s’envisager 6. Peu de données appuient pourtant leur efficacité 6.
Ce qu’il faut en retenir. Les deux sociétés admettent ces produits contre les symptômes ; seule la solidité des preuves les sépare. Cette lecture est celle de ce site.
Crème ou suppositoire ?
Le suppositoire est en général préféré pour les hémorroïdes internes, la pommade pour les externes, ou pour des internes sorties de l’anus 3. Le suppositoire lubrifie aussi le canal anal, ce qui facilite le passage des selles 3.
Un traitement court : 1 à 2 semaines pour une crème
Pour l’Assurance maladie, leur usage ne doit pas se prolonger 1. La SNFCP ne les juge justifiés que sur de courtes périodes, en règle générale 1 à 2 semaines 5. Pour l’AGA, une crème qui contient un corticoïde ne s’utilise pas plus de 2 semaines d’affilée 6.
Veinotoniques : une cure courte, pendant la crise
L’Assurance maladie en décrit l’usage :
- une cure courte, pendant la crise 1 ;
- jamais en prévention 1 ;
- aucun intérêt à les associer entre eux, ni à prolonger le traitement 1 ;
- un laxatif peut s’y ajouter 1.
Les veinotoniques, ou phlébotoniques, forment une famille hétérogène : des extraits de plantes comme les flavonoïdes, et des molécules de synthèse 4. Leurs résultats viennent d’une synthèse des essais publiés (revue Cochrane, 2012), qui a réuni 20 essais et 2 344 personnes 4. Les essais rapportent peu de problèmes de sécurité 4. Leur méthode a toutefois des limites 4.
Ni l’Assurance maladie ni la SNFCP n’évaluent les compléments alimentaires vendus « pour la circulation » contre les hémorroïdes. Ce site ne les présente donc pas comme un traitement.
Contre la douleur : ce qui se prend sans ordonnance, et ce qui constipe
Sans ordonnance, l’Assurance maladie demande de privilégier le paracétamol 2. Il est contre-indiqué en cas d’allergie au paracétamol ou d’insuffisance du foie 2. L’ibuprofène, un anti-inflammatoire, est lui aussi vendu sans ordonnance 2.
La morphine et ses dérivés peuvent constiper 2. Or la constipation aggrave la maladie hémorroïdaire 1. En cas de constipation sous ces médicaments, l’Assurance maladie demande d’en informer le médecin ou le pharmacien 2.
Enceinte ou en train d’allaiter : que peut-on prendre ?
- Contre la douleur, pendant la grossesse et après l’accouchement, la SNFCP place le paracétamol en premier 3. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) le recommande aussi en premier choix 7. S’il ne suffit pas, un avis médical est nécessaire 3.
- Les anti-inflammatoires (AINS) : pour l’ANSM, ils sont contre-indiqués à partir du 6ᵉ mois de grossesse, même pour une seule prise 7.
- Les crèmes et suppositoires peuvent s’utiliser, même pendant l’allaitement 3. Pour la grossesse, l’AGA conseille en général un traitement simple : fibres, traitement de la constipation, pommades 6.
- Contre la constipation, pendant la grossesse, les fibres viennent en premier 3. Si la constipation persiste, un laxatif osmotique ou un mucilage est prescrit 3.
Une revue Cochrane de 2005 relève que les traitements les plus courants, le régime et les traitements locaux, n’ont pas été correctement évalués pendant la grossesse et après l’accouchement 8.
Les sources divergent sur les anti-inflammatoires avant le 6ᵉ mois de grossesse, puis pendant l’allaitement. Pour l’ANSM, avant le 6ᵉ mois, ils ne se prennent que sur prescription de votre médecin 7. La SNFCP, elle, les dit contre-indiqués pendant la grossesse 3. Pendant l’allaitement, la SNFCP les autorise avec prudence 3. L’Assurance maladie les range au contraire parmi les contre-indications 2.
Ce qu’il faut en retenir. À partir du 6ᵉ mois de grossesse, aucun anti-inflammatoire, même pour une seule prise. Avant, et pendant l’allaitement, un anti-inflammatoire ne se prend pas sans l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme. Cette lecture est celle de ce site.
Les sources divergent aussi sur les veinotoniques. La SNFCP les juge utilisables pendant la grossesse et l’allaitement 3. La revue Cochrane de 2005 n’a retenu que 2 essais, tous deux sur un seul veinotonique, les rutosides (hydroxyéthylrutosides) par la bouche 8. Elle les juge prometteurs, mais ne peut pas en recommander l’usage tant que de nouvelles données n’ont pas rassuré sur leur sécurité 8.
Ce qu’il faut en retenir. Pour un veinotonique aussi, posez la question au médecin ou à la sage-femme. Cette lecture est celle de ce site.
L’allergie de contact, un effet indésirable à surveiller
Un service belge spécialisé dans l’allergie de contact a testé 473 patients pour une lésion de l’anus ou des organes génitaux 9. Parmi eux, 9 % étaient allergiques à un médicament local 9. Les anesthésiques locaux et les corticoïdes en étaient le plus souvent la cause 9. L’humidité, la transpiration et l’occlusion de la zone peuvent favoriser cette sensibilisation 9.
Si une irritation s’aggrave sous traitement, parlez-en à un pharmacien ou à un médecin.
Quand ces médicaments ne suffisent plus
Si les troubles persistent malgré eux, un traitement instrumental peut être proposé 1. Quand des hémorroïdes internes saignent ou sortent (procidence) de façon chronique, ce sont ces traitements qui les soignent 5. Un saignement ne s’attribue aux hémorroïdes qu’après avoir écarté une autre lésion du tube digestif 1.
Une douleur vive au moment d’aller à la selle évoque plutôt une fissure anale 6. Une crème contre les hémorroïdes ne vise alors pas la bonne cible : montrez cette douleur à un médecin.