Externe ou interne : c’est la peau qui fait la différence
Il existe 2 réseaux d’hémorroïdes, de part et d’autre d’une limite que les médecins appellent la ligne pectinée 4. L’interne est au-dessus de cette ligne, l’externe sous la peau du bord de l’anus 4.
L’interne est tapissée d’une muqueuse qui ne sent pas la douleur 5. L’externe est couverte d’une peau très sensible 5. C’est pour cela qu’une hémorroïde externe qui se complique fait mal. Une hémorroïde interne qui sort ne fait pas mal 1. Les stades des hémorroïdes internes sont expliqués à part.
Coupe du canal anal. Les points rouges, plus haut, figurent les hémorroïdes internes. En bas à gauche, les points bleus, sous la peau du bord de l’anus : une hémorroïde externe gonflée par un caillot.
À quoi ressemble une hémorroïde externe ?
Sans complication, elle ne se voit pas 1. Elle peut tout de même donner, par moments, une sensation de gonflement, de pression ou d’inconfort 5.
Avec un caillot, c’est souvent une boule bleutée et douloureuse, juste au bord de l’anus 5. Apparue brutalement, elle est souvent entourée d’une zone gonflée, rouge et douloureuse 2. Elle peut être bleuâtre, ou un peu translucide à cause de l’œdème, et laisser voir des caillots bleutés 3. Plus rarement, elle ne fait pas mal : seule une grosseur apparaît, rapidement 3.

Une petite thrombose externe : la boule bleutée juste sous l’orifice de l’anus.

Une thrombose externe plus volumineuse. La règle graduée, en haut à gauche, donne l’échelle.
Les troubles liés aux hémorroïdes touchent autant les hommes que les femmes 2. D’autres photos, externes et internes, sont sur la page des photos d’hémorroïdes.
Sa taille : aucune mesure retrouvée
Une recherche dans PubMed, la base des publications médicales, n’a trouvé aucune mesure de la taille d’une hémorroïde externe (septembre 2026).
La Société nationale française de colo-proctologie (SNFCP) dit seulement qu’une thrombose externe peut être plus ou moins volumineuse 1. Elle peut toucher un seul endroit du bord de l’anus, ou en faire le tour 1.
Le chiffre de « jusqu’à 3 centimètres, la taille d’une noix », qu’on lit sur de nombreux sites, ne vient d’aucune étude retrouvée. L’ancienne version de ce site le reprenait aussi. Grosse ou petite, une thrombose n’est en rien dangereuse 3.
Boule à l’anus : thrombose, hémorroïde interne, marisque ou autre chose
Une boule au bord de l’anus inquiète, et plusieurs choses peuvent la donner.
| Ce que vous sentez | Ce que ça évoque |
|---|---|
| Une boule bleutée et douloureuse, juste au bord de l’anus 5 | Une thrombose externe, dont la douleur ne dépend pas des selles 4 |
| La même boule, sans douleur | Une thrombose externe, forme plus rare 3 |
| Une boule qui sort à la selle, rentre seule ou se repousse à la main 2 | Une hémorroïde interne qui sort de l’anus, sans douleur 1 |
| Un petit bout de peau, resté après une crise | Une marisque : la peau, étirée par le caillot, le reste après sa disparition 5 |
| Une douleur vive au passage des selles | Plutôt une fissure 6 |
| Une douleur intense avec plus de 38 °C de fièvre | À faire voir dès que possible 7 |
| Une grosseur qui ne ressemble pas à une thrombose | Une autre grosseur (marisque, tumeur bénigne ou maligne), à faire examiner 3 |
Les proctologues veillent surtout à ne pas manquer l’abcès, avec la fistule, et le cancer de l’anus 4. Ces autres causes sont décrites sur la page « Est-ce vraiment une hémorroïde ? ». Le plus souvent, un simple examen permet au médecin de trancher 3.
La douleur vient du caillot
Sans caillot, les hémorroïdes ne font pas vraiment mal 6. Au bord de l’anus, les tissus sont serrés : quand un caillot s’y forme, la pression monte vite, ce qui fait souvent mal 5.
Cette douleur est en général constante, et peut être forte 5. Elle culmine souvent 48 à 72 heures après le début 5. Vers 4 ou 5 jours, elle est en grande partie en train de passer 5.
Une douleur qui ne suit pas ce calendrier peut avoir une autre cause. Si elle ne passe pas en quelques jours, faites-vous examiner par votre médecin traitant 7.
Elle part seule, en quelques semaines
La thrombose se résorbe d’elle-même 3. L’œdème disparaît en 3 ou 4 jours, et la douleur baisse avec lui 3. Le caillot, lui, met 2 à 6 semaines à partir 3. En moyenne, la thrombose disparaît d’elle-même en 2 à 3 semaines 1.
Le caillot ne migre jamais ailleurs dans le corps : il ne peut pas provoquer d’embolie 3. Il peut ensuite rester un petit relief de peau, la marisque 3.
Une thrombose peut revenir : sur 231 personnes soignées pour une thrombose externe, 44,5 % en avaient déjà fait une 8. Il n’existe pas de traitement pour prévenir les thromboses 3. Si elles reviennent souvent, parlez-en à votre médecin.
Les sources divergent sur la nécessité d’un geste. La page de l’Assurance maladie sur les symptômes écrit que la thrombose « nécessite un traitement chirurgical » 2. Sa page sur le traitement décrit, elle, une thrombose qui régresse en quelques semaines sous médicaments 9. Pour la SNFCP, une petite thrombose peu ou pas douloureuse peut se résorber naturellement, sans rien faire 3.
Ce qu’il faut en retenir. Un geste n’est pas obligatoire. Cette lecture est celle de ce site.
Inciser le caillot : c’est la douleur qui décide
C’est la douleur qui décide s’il faut traiter une thrombose externe 5.
Le traitement de base associe des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), des antalgiques et des régulateurs du transit 9. Pour passer ces jours, voyez les gestes et les médicaments de la crise.
Le geste : le médecin ouvre la boule au bistouri et vide le caillot, c’est l’incision 9. Il peut aussi l’exciser, toujours pour évacuer le caillot 3. C’est un geste simple, fait en consultation, au besoin sous anesthésie locale, qui soulage immédiatement 9.
Il se discute quand la thrombose est externe, unique et sans œdème 3. La revue de la SNFCP ajoute 3 conditions : une thrombose récente, un caillot bien visible, une douleur très intense malgré le traitement médical, anti-inflammatoires compris 4.
Les sources divergent sur le geste à préférer. Pour l’Assurance maladie, l’excision est souvent préférée à l’incision, car elle diminue le risque de séquelles et de récidive 9. La société américaine de gastro-entérologie ne nomme que l’incision et le drainage, qu’elle recommande pour une thrombose aiguë 6.
Ce qu’il faut en retenir. Le choix entre les deux revient au médecin qui vous examine. Cette lecture est celle de ce site.
Les chiffres qui comparent l’attente et le geste viennent d’études limitées.
- Dans la série de 231 personnes, les symptômes duraient en moyenne 24 jours sans geste, contre 3,9 jours avec 8. La thrombose revenait chez 25,4 % des personnes non opérées, contre 6,3 % des opérées 8.
- Une méta-analyse de 2026 a réuni 6 études et 851 patients 10. La chirurgie y est associée à moins de récidives, sans différence de saignement 10.
- Ses auteurs reconnaissent que peu de preuves guident le choix entre opérer et attendre 10.
- La série de 231 personnes a été analysée après coup 8. Chez les opérés, la douleur ou le saignement étaient plus souvent le motif principal 8.
Si la douleur reste très intense malgré le traitement médical, un geste peut se discuter : parlez-en à votre médecin 4.
Ligature, laser : des gestes faits pour les hémorroïdes internes
Plusieurs sites proposent la ligature, la sclérose ou le laser contre les hémorroïdes externes. C’est une erreur. Les chirurgiens américains réservent la ligature, l’infrarouge et la sclérose aux hémorroïdes internes 5. Pour la SNFCP, ces traitements n’ont pas d’effet sur les externes 1.
La raison est anatomique : ces gestes créent une cicatrice au sommet des hémorroïdes internes, pour mieux les retenir 9. Une hémorroïde externe est située plus bas, sous la peau, hors de leur portée.
Les opérations qui n’enlèvent pas les hémorroïdes ne traitent, elles aussi, que les internes : agrafage, ligature des artères guidée par Doppler, radiofréquence 4. Le laser, lui aussi, vise les artères des hémorroïdes internes 4.
Pour une hémorroïde externe, il reste 2 voies :
- Sans caillot, on traite en général les symptômes, par l’alimentation et des produits locaux 5.
- En cas de thromboses fréquentes et invalidantes, seule l’opération règle le problème, et elle se programme sans urgence 3.
La plus radicale, l’hémorroïdectomie, enlève les hémorroïdes internes et externes 1. Les techniques sont détaillées sur la page consacrée à l’opération.
Hémorroïde externe pendant la grossesse et après l’accouchement
La thrombose touche 8 % des femmes au 3e trimestre de grossesse, et 20 % des femmes qui viennent d’accoucher 3. Après un accouchement, c’est le problème d’hémorroïdes le plus fréquent : 20 % après une naissance par voie basse, 4 % après une césarienne 11.
Le caillot ne migrant pas, ce n’est jamais dangereux, ni pour la mère ni pour le bébé 11. Les hémorroïdes de la grossesse et de l’accouchement ont leur propre page.
Une hémorroïde externe peut-elle devenir interne ?
Ce sont 2 réseaux distincts 4. Une recherche dans PubMed n’a trouvé aucune publication qui décrive une telle transformation (septembre 2026).
On peut en revanche avoir des symptômes des deux à la fois 5. Un même caillot peut aussi toucher à la fois la partie externe et la partie interne d’une hémorroïde 11.
Quand consulter sans attendre ?
L’Assurance maladie demande de consulter dès que possible dans 5 cas 7.
- Un saignement de l’anus important et répété, de sang rouge 7.
- Des selles très noires 7.
- Une douleur de l’anus soudaine et très intense, qui fait craindre une thrombose 7.
- Une douleur intense avec plus de 38 °C de fièvre 7.
- Une douleur avec impossibilité d’aller à la selle depuis plus de 48 heures 7.
Si les symptômes ne passent pas en quelques jours, faites-vous examiner par votre médecin traitant 7. Les autres signes qui doivent faire consulter sont sur la page « quand consulter ».